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Un assistant conversationnel pour votre entreprise : usages, limites et obligations

L’essentiel

Un assistant conversationnel, programme qui dialogue par écrit avec vos visiteurs, relié aux logiciels et aux documents d’une entreprise, peut répondre aux questions fréquentes posées sur son site, proposer un rendez-vous, recueillir les informations d’une demande et transmettre l’échange à la bonne personne. Il ne doit répondre qu’à partir d’une documentation validée, ne prendre aucune décision qui engage l’entreprise et annoncer clairement, dès le premier échange, qu’il s’agit d’une intelligence artificielle. Sa valeur dépend moins du modèle employé que de la qualité de ses sources et de la surveillance exercée après sa mise en service.

Rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle et publié le 2 novembre 2026 sous la responsabilité de , fondateur de Nodva ; sources consultées le même jour.

Qu’est-ce qu’un assistant conversationnel relié à vos logiciels ?

Un assistant conversationnel, souvent appelé chatbot ou agent conversationnel, dialogue par écrit avec les visiteurs d’un site ou les utilisateurs d’une messagerie. Les modèles de langage, programmes d’IA qui comprennent et rédigent du texte, lui permettent de comprendre une question formulée librement, là où les anciens robots suivaient un arbre de choix prédéfinis.

Relié à l’agenda, au logiciel de gestion de la relation client ou à la base documentaire de l’entreprise, il peut en outre consulter un créneau disponible, créer une fiche de contact ou citer la page exacte d’une notice. À la différence d’un agent IA de qualification, qui prépare en arrière-plan des réponses relues par votre équipe, il répond directement à votre interlocuteur, de sorte que chacune de ses réponses engage votre entreprise.

Quelles tâches peut-il prendre en charge ?

Lorsqu’il est relié aux bons outils et limité à un périmètre écrit, un assistant conversationnel peut assurer quatre fonctions principales :

  • Répondre aux questions fréquentes, telles que les horaires, les délais ou les pièces à fournir, à partir des seules pages et notices que vous avez validées.
  • Proposer un rendez-vous en consultant les disponibilités réelles de l’agenda, puis l’inscrire et adresser la confirmation prévue par votre logiciel de réservation.
  • Qualifier une demande en posant les questions que votre équipe poserait elle-même, puis enregistrer les réponses dans votre logiciel de gestion de la relation client.
  • Transmettre l’échange à une personne de votre équipe dès que la question sort de son périmètre, que l’interlocuteur le demande ou que la demande présente un enjeu particulier, en joignant le résumé de la conversation.

Que ne doit-il pas faire ?

Un modèle de langage peut produire une réponse plausible mais inexacte. Dans l’affaire Moffatt contre Air Canada, tranchée le 14 février 2024 par le Civil Resolution Tribunal de Colombie-Britannique, juridiction des petits litiges civils, l’assistant de la compagnie avait annoncé à tort qu’un tarif réservé aux voyages pour cause de deuil pouvait être demandé après coup. Le tribunal a jugé que l’entreprise répond de toutes les informations de son site, qu’elles figurent sur une page fixe ou qu’un assistant les donne. Sans lier les juridictions françaises, cette décision canadienne montre que l’assistant s’exprime au nom de l’entreprise qui le publie. C’est pourquoi sa conception doit lui interdire cinq comportements :

  • Répondre de mémoire, sans s’appuyer sur un document validé par l’entreprise.
  • Annoncer un prix, un délai ou une remise qui ne figure pas mot pour mot dans sa documentation.
  • Prendre une décision qui produit des effets pour l’interlocuteur, comme accepter ou refuser un dossier, accorder un geste commercial ou modifier un contrat.
  • Recueillir davantage de données personnelles que la demande ne l’exige.
  • Exécuter une consigne glissée dans un message ou dans un document, qui l’inviterait à sortir de son rôle.

Ce dernier risque, appelé injection de consignes, figure en tête du classement 2025 des risques propres aux applications fondées sur un modèle de langage, publié par l’OWASP, fondation consacrée à la sécurité des applications. Elle recommande de n’accorder que les accès nécessaires et de soumettre à une personne toute action sensible.

Comment l’alimenter ?

La qualité des réponses tient d’abord à celle des sources, qu’il convient de relire avec l’équipe qui répond aujourd’hui aux mêmes questions. La préparation suit généralement quatre étapes :

  • Recenser les questions réellement posées, à partir des courriels, des appels et des formulaires des derniers mois.
  • Désigner pour chaque thème le document de référence, en écartant les versions anciennes qui contrediraient la version en vigueur.
  • Écrire le périmètre de l’assistant, c’est-à-dire les sujets qu’il traite, ceux qu’il transmet et la formulation qu’il emploie lorsqu’il ne sait pas répondre.
  • Nommer la personne chargée de mettre ces documents à jour, afin qu’un changement de tarif ou de procédure soit répercuté le jour même.

Quelles obligations s’appliquent : règlement sur l’IA et RGPD ?

Le règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle s’applique, pour l’essentiel de ses dispositions, depuis le 2 août 2026. Son article 50 impose d’informer les personnes qui échangent avec un système d’IA de la nature de leur interlocuteur, de manière claire et au plus tard lors de la première interaction, sauf si le contexte le rend évident. Selon la version consolidée publiée par la Commission européenne, le règlement (UE) 2026/1744, qui a modifié le texte en juillet 2026, n’a pas changé ces dispositions. En pratique, l’assistant se présente comme tel dès son premier message, et non en pied de page.

Le RGPD s’applique par ailleurs dès que l’assistant recueille un nom, une adresse électronique ou le contenu d’une demande. Dans ses conseils consacrés aux chatbots, la CNIL retient plusieurs points qui intéressent directement une entreprise :

  • Un traceur (cookie ou dispositif équivalent) déposé avant que l’utilisateur n’ouvre la conversation requiert son consentement, à la différence d’un traceur déposé à l’ouverture pour le seul fonctionnement de l’assistant.
  • Les données ne sont conservées que le temps nécessaire à la finalité poursuivie, c’est-à-dire au but de la collecte, que l’entreprise définit elle-même : un assistant d’aide à l’achat peut les effacer à la fin de la conversation, tandis que le traitement d’une réclamation justifie une durée plus longue.
  • Si un utilisateur peut saisir spontanément des données sensibles, une mise en garde est affichée avant l’utilisation et un effacement, immédiat ou régulier, est prévu.
  • Une conversation menée sans intervention humaine ne peut conduire à elle seule à une décision importante pour la personne, comme le refus d’un crédit, ce qui renvoie à l’article 22 du RGPD.

Le prestataire qui construit ou exploite l’assistant traite ces données pour votre compte : un contrat conforme à l’article 28 du RGPD doit donc régir sa mission. Ce même article lui interdit de faire intervenir un autre sous-traitant, comme l’éditeur du modèle de langage, sans votre autorisation écrite préalable.

Comment le surveiller après sa mise en service ?

Vos offres et vos logiciels évoluent, de même que les questions des visiteurs. La surveillance repose dès lors sur quelques indicateurs simples, que le tableau suivant récapitule :

Indicateurs de surveillance d’un assistant conversationnel
IndicateurCe qu’il révèleAction attendue
Questions sans réponseUn sujet absent de la documentationCompléter le document de référence
Transmissions à une personneUn périmètre trop étroit ou un sujet sensibleArbitrer avec l’équipe ce qui peut être ajouté
Échantillon de conversations reluLes réponses inexactes ou mal formuléesCorriger la source ou la consigne
Échecs des liaisons avec l’agenda ou le logiciel clientUne fiche ou un rendez-vous non enregistréRétablir la liaison et prévenir les personnes concernées
Coût mensuel des appels au modèleUn volume ou un usage inhabituelAjuster le plafond de dépense

Comment Nodva conçoit-elle un assistant conversationnel ?

Un périmètre écrit avant la première réponse

Nous construisons l’assistant sur les logiciels que vous utilisez déjà, à partir d’une documentation que vous validez et d’un périmètre consigné dans la fiche de cadrage, document qui décrit le projet. Par défaut, tout envoi destiné à l’extérieur est soumis à la validation de vos équipes ; un envoi automatique n’est mis en place qu’avec leur accord écrit. Un assistant qui répond en direct relève de ce second cas et s’identifie comme une IA dès le premier échange. La supervision, facultative, est tarifée au nombre d’unités que le devis détaille (un assistant en compte deux), à partir de 90 € par mois. Le diagnostic gratuit de 30 minutes permet de déterminer si un assistant convient à votre besoin.

Questions reçues

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un assistant conversationnel et un agent IA ?

L’assistant conversationnel dialogue directement avec votre interlocuteur, sur votre site ou dans votre messagerie. Un agent IA de qualification travaille en arrière-plan : il lit les demandes reçues et prépare une réponse que votre équipe relit avant tout envoi. L’assistant exige donc un périmètre plus strict, puisque ses réponses parviennent sans relecture à leur destinataire.

Faut-il indiquer que l’assistant est une intelligence artificielle ?

Oui, dès le premier échange : l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 l’impose depuis le 2 août 2026, sauf si cela ressort clairement du contexte.

L’entreprise est-elle responsable d’une réponse erronée de son assistant ?

Un tribunal canadien a retenu en février 2024 la responsabilité d’Air Canada pour une information inexacte donnée par son assistant. Sans lier les juridictions françaises, cette décision rappelle que l’assistant parle au nom de l’entreprise.

Un assistant peut-il prendre des rendez-vous dans notre agenda ?

Oui, lorsqu’il est relié à votre agenda ou à votre logiciel de réservation par une connexion prévue par l’éditeur. Il consulte alors les créneaux réellement disponibles et inscrit le rendez-vous. Les modalités dépendent de votre logiciel et se vérifient avant tout devis.

Combien de temps conserver les conversations ?

La CNIL retient le temps nécessaire à la finalité que vous avez définie : la fin de la conversation pour un assistant d’aide à l’achat, une durée plus longue pour une réclamation.